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HANABI
Patricia Gueperou / 23 févr. 2025
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Spectacle de la Compagnie Paola Maureso, vu au Théâtre Golovine le samedi 18 janvier dans le cadre du festival « Spectacles en recommandé ».
Direction artistique : Paola Maureso
Chorégraphie et interprétation : Paola Maureso et Inés Josa
Création musicale : Sylvain Guerrier
Création lumière et régie : Alexis Marchetti
Scénographie : Florent Marie
Genre : Musique et danse
Public : Spectacle jeune public
Durée : 50 mn.
Au commencement, je suis accueillie par une musique acoustique très douce et envoûtante, ainsi que par le son cristallin d’un carillon koshi. Une danseuse est sur la scène, habillée d’un kimono noir ; elle se meut dans une marche lente et gracieuse ; le temps se suspend… Puis, je suis pleinement invitée à me laisser transporter, entre Ciel et Terre, entre rêve et réalité.
De par le titre « Hanabi », cette création est richement influencée par la culture japonaise. Ce mot signifie littéralement « fleurs de feu » et désigne un spectacle de feux d’artifices. C’est une tradition millénaire. Pendant l’été, sept mille Hanabi embrasent le ciel du Nord au Sud du Japon. Ces floraisons éphémères, aux couleurs sublimes, sont inspirantes…
Deux danseuses sur la scène incarnent des « Yokai » ; ce sont des créatures fantastiques, mi-humaines, mi-démons. Elles sont vêtues de kimonos noirs et/ou blancs, et portent sur le visage un masque de papier qui me fascine : est-il plié en forme de fleur ? Est-il plié en forme d’oiseau ? La danse se déploie, inspirée par le butō, les arts martiaux, et les postures des geishas. Les corps calligraphient l’espace. J’observe des temps de danse très calmes, apaisants, et d’autres, plus intenses. J’ai d’abord eu l’impression que les corps des danseuses se fuyaient, voire luttaient, pour ensuite se trouver dans une danse harmonieuse. J’ai vu les personnages s’amuser ! Je suis émerveillée par le délié et la précision des gestes, la fluidité et la finesse exprimées. Quel ravissement ! Les mouvements dansés s’équilibrent ; tantôt, ils s’envolent dans les airs ; tantôt, ils s’écrasent dans le sol. La danse monte en puissance tout au long du spectacle, et vient me toucher en profondeur ; c’est beau, très beau!
Les deux danseuses sont accompagnées par un musicien. La musique, jouée en direct, évoque aussi la culture japonaise ; des sons de la nature sont suggérés par l’utilisation de percussions (instruments traditionnels), de cordes (guitare) et d’instruments à vent (clarinette et saxophone).
Un moment absolument délicieux! La danseuse est allongée au sol, immobile ; elle recommence à s’animer au souffle de la clarinette. Le décor est sobre, constitué par des paravents en papier de riz; en fond de scène, ils deviennent le théâtre de jeux d’ombres et de lumières. La création lumière est somptueuse, poétique et délicate, telle un « écrin » pour les personnages en scène.
Au final, danse, musique et lumière dialoguent et entrent en résonnance intime. Cette création se propose comme le fruit de l’exploration de notre commune lumière intérieure. Personnellement, dans l’histoire que je me suis racontée, j’ai senti l’énergie en mouvement et en présence, j’ai vu et entendu les quatre éléments de l’univers danser et chanter ; tous mes sens étaient en éveil. J’ai aimé ce spectacle ! J’aimerais le revoir… Merci les artistes !
Patricia Gueperou
